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| Nos urbanismes sont-ils définis par nos schémas, plans et procédures ? Une prise en charge totale du handicap ? L'appropriation privative pour gérer des délaissés urbains ? |
Prospects du PLU comme limite à l'architecture ? |
Les limites parcellaires, les règles du PLU et les prospects en découlants font-ils blocage à l'architecture, à l'édification ? L'architecture arrive au secours des terrains lotis "mal-fagottés", mais les conséquences ne sont jamais connues à l'avance... Les dernières parcelles à construire à l'intérieur des periphériques, celles qui ne sont pas très chères, sont nécessairement trop petites pour les promoteurs immobiliers, Elles sont accessibles aux particuliers avec parfois un budget restreint, mais trop "anormales" pour recevoir le projet pré-conçu d'un pavillonneur. Ces reliquats oubliés de la ville sont systématiquement difficiles à gérer: enclavées et difficiles d'accès voire sans accès véhicule, éloignées des réseaux collectifs, imbriquées dans des copropriétés avec qui il faudra négociées, etc ... à la clef des chantiers difficiles à conduire et retardés ... Ces défauts ne sont pas forcément un problème pour l'architecte, il faut seulement que le programme ou presque puisse entrer dedans., et beaucoup de réflexion. L'architecte ne peut bien souvent rien faire d'autre que de prendre en compte un maximum de contraintes de site sans s'attarder sur les problèmatiques foncières. Bien que les règles du PLU s'appliquant à la parcelle ne soient pas forcement adaptées ni à la parcelle ni au programme, il faut bien souvent partir de ces règles pour adapter le programme. Moins de lumière naturelle ? moins de surface habitable que prévu ? des escaliers difficiles ? Un prix final incertain à l'issu du chantier ? La faisabilité du projet dépendra alors des compromis voire concessions que la Maitrise d'ouvrage peut accepter. Sur ces parcelles, on pourrait être tenté de réclamer la seule application des règles des Codes civil, de l'urbanisme et de la construction moins contraignantes que celles d'un PLU: les masques au soleil, les hauteurs libres, les reculs, les vues. Mais alors, il pourrait y avoir risque de recours des tiers (les voisins) encore plus nombreux. La construction serait mise en danger jurdique. Le PLU nous protège donc de l'adversité. Le résultat de la conception d'un projet sur une parcelle petite, difficile est ce que nous appellons un projet "chausse-pied" : ajusté au maximum des possibilités du PLU, ajusté au plus près d'un budget. La forme n'est pas modifiable: c'est tout ou rien. Au delà du risque de recours des tiers contre cette forme, le projet "chausse-pied" est encore risqué pour l'architecte. Un imprévu technique et c'est la remise cause totale du projet, donc du temps passé à résoudre ce problème complexe pour un petit projet alors que la rémunération (au % des travaux) n'est pas élevée. Le risque de devoir recommencer à zéro avec une rémunération réduite existe . Aussi, l'architecte ne doit-il pas abordé ce type de commande avec naïveté, candeur et insoucience du passionné face à ce risque ? Autre "risque" mais celui-là réconfortant: les parcelles "compliquées" aiguisent le cerveau des architectes (certains parleraient de "défi" ) face à un site qui résiste à la facilité : donc au pire c'est un projet plus intéressant et "original" qu'une carte blanche au milieu d'une parcelle plate ... |
![]() maison chausse-pied |
| Philippe Saillé & Stéven Aoustin, architecte, 5 rue de la Verrerie, Nantes |