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L’appropriation privative pour gérer des délaissés urbains ? |
La «plaine» au coeur de la Grande Borne, Grigny (91) ne sert à rien si ce n’est aux rodéos de voitures, mais n’a pas pour autant les qualités d’un terrain vague, d’un terrain d’aventures. La Grande Borne a été conçue par l’architecte Emile Aillaud. Il préfèrait l’espace urbain dense à celui des ensembles de la même époque dans de vastes espaces verts. Pour obtenir une densité proche de la ville traditionnelle, les constructions ont été excentrées au bord du site. Reste donc un vide central qui n’a jamais reçu l’attention du bailleur social propriétaire. Un vent triste y souffle, quelque fou du volant s’amuse à des jeux parfois dangereux. Il nous est apparu qu’une requalification de cet espace pouvait passer par l’intensification de l’usage avec le concours des habitants. Les terrains au pied des immeubles sont associés aux logements du rez-de-chaussée afin de proposer un jardin privatif, afin encore de provoquer une certaine résidentialisation de l’immeuble. La plaine est découpée en lopins avec clôture et cabanon, puis proposés aux locataires habitants les étages. Un réseau de chemins dessert ces jardins. Il est ouvert aux piétons et permet de traverser la plaine. Ce dédale et quelques lopins réservés font office de parc public. Il est aussi conçu de telle sorte qu’il devienne le support d’une densification progressive de la ville. Plutôt que le statut quo, plutôt qu’un parc paysager que la collectivité ne pouvait entretenir faute de moyen, le sol est «prété» aux habitants sous forme de jardins familiaux. C’est un espace d’expression hors du logement, le moyen de participer à la construction du cadre de vie. |
![]() Europan 7 |
| Philippe Saillé & Stéven Aoustin, architecte, 5 rue de la Verrerie, Nantes |