Pas-sage Pommeraye




Dans cet ancêtre du centre commercial,  le passant s'esbaudit devant tant de "splendeur" _ décor de stuc, plâtre, bois, miroir, dorures et fonte industrialisée _  Splendeur créée à l'époque pour lui et reflétant "sa" société donc lui-même ou plutôt l'image qu'il a de lui-même rendue éternelle, immortelle par le biais des formes classiques de la statuaire grecque appliquées à des enfants (-modèles ?).  

Imagineriez-vous aujourd'hui un Plan de campagne, un Atlantis, un Bercy2, un Euralille avec comme décoration des représentations de garçonnets, de fillettes presque nus avec un téléphone mobile à l'oreille, une calculatrice à la main en allégories des "valeurs" actuelles: performance, efficacité, profit, ... ?

L'exposition "Présumés innocents" montée au CAPC de Bordeaux en 2000 avait suscité quelques remous dans la bourgeoisie bouillie bordelaise ... Le thème de cette exposition d'Art Contemporain était l'enfance, Certaines oeuvres choquèrent des bons pères de familles catholiques.  Henry-Claude Cousseau, directeur du CAPC à cette époque et les deux commissaires de l'exposition: Marie-Laure Bernadac, actuellement chargée de mission pour l'Art Contemporain au musée du Louvre, et Stéphanie Moisdon-Tremblay, critique d'art, qui avaient conçu l'exposition visée au CAPC de Bordeaux, se sont retrouvés sur le banc des accusés pour "diffusion d'images à caractère pornographique" dans le cadre d'un procès d'intention fait à l'expression artistique contemporaine ...

Ici en permanence dans un espace privé mais ouvert au public, presqu'une rue, des statuettes d'enfants à demi nus, noyées dans une débauche décorative, que les bons pères de famille ne semblent plus voir, Là-bas temporairement dans un centre d'Art bordelais, bâtiment public mais avec entrée payante, des oeuvres sur-exposées traitant de l'enfance  et c'est la panique ...

Feu Pierre Molinier, artiste "marginal" de la bourgade en question, aurait bien ri de la réaction de cette société qu'il excécrait.